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Coronavirus

En dehors de l’assiette

Von Pierre Sommet

© dokdoc.eu

23. März 2020

Cela ne va pas fort. Nous ne nous sentons pas bien, moralement et/ou physiquement. Bref, avec ce sale virus, ennemi invisible qui nous terrorise, nous ne sommes pas dans notre assiette ou bien nous ne nous sentons pas dans notre assiette.

Cela serait d’ailleurs un défi à toute logique. Comment nous, fragiles créatures, pourrions-nous tenir dans une assiette, même creuse ? A moins de rapetisser considérablement comme Alice au pays des merveilles…

Au 14e siècle, couverts, assiettes et désinfectants étaient inconnus. Dans les foyers, on s’installait autour de la table et chacun se servait avec les doigts dans un grand plat. « L’assiette » était la place à laquelle le convive était « assis ». En effet, le vocable provient du latin assedita, de adsedere « s’asseoir », désignant la simple manière d´être assis et par extension la disposition, l’humeur.

Mal assis, dans une position instable et inconfortable, pas à l’aise, on n’était pas dans son assiette. En étymologie, les glissements de sens au cours des siècles sont fréquents. Ainsi, l’assiette désigna d’abord la place à table, puis l’action de mettre les plats sur la table, puis « services d’un repas », pour aboutir par extension en 1507 à « pièce de vaisselle plate », celle que nous utilisons quotidiennement. N’oublions pas cependant les autres sens, par ailleurs toujours actuels, du terme. Ainsi, l’assiette du cavalier est sa position sur sa monture. Montaigne le mentionnait déjà dans ses Essais.

Le sens premier du mot « assiette »

L’assiette d’un avion est l’angle formé entre l’axe horizontal et l’axe longitudinal de la machine. La stabilité d’un avion est, ça va de soi, importante ! Quant à l’assiette fiscale / Steuerbemessungsgrundlage qui désigne un montant servant de base au calcul d’un impôt ou d’une taxe, elle est tout simplement le sens premier du mot « assiette ». Sa date de naissance en France remonte à… 1283. Devoir payer des impôts n’a rien de réjouissant et le fisc est impitoyable. De quoi ne pas être dans son assiette.

Pour vous remonter le moral (plutôt à zéro) en cette période de confinement, une boutade de Jean-Baptiste Colbert, Ministre des Finances sous Louis XIV : « L´art de l´imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus de plumes avec le moins possible de cris. » („Die Kunst der Besteuerung besteht ganz einfach darin, die Gans so zu rupfen, dass man möglichst viel Federn bei möglichst wenig Geschrei erhält.“) Colbert, un homme d’une remarquable intelligence, plein d’humour et d´empathie pour les contribuables… Pas de pitié pour les canards boiteux !

Gardons notre équilibre et prenons soin de nous !

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