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Coronavirus

Allemagne : Gardez vos distances !

Par Déborah Berlioz et Jörg-Manfred Unger

Marquages au sol d‘un marché à Cologne en mai 2020, © dokdoc.eu

27 novembre 2020

20 mars 2020 : Si le confinement est déjà arrivé en Allemagne, il reste moins strict qu’en France. Les autorités se montrent fermes mais pas alarmistes. Ce qui ne les empêche pas de préparer le pays et de débloquer des milliards pour les hôpitaux et les entreprises. La situation depuis le mois de mars mise à jour jusqu’au deuxième confinement en automne.

En Allemagne, le nouveau coronavirus s’est faufilé jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat. Même la chancelière a été obligée de se mettre en quarantaine. Le 22 mars, Angela Merkel s’est retirée à son domicile après avoir appris qu’un médecin avec qui elle avait été en contact avait été testé positif au Covid-19.

Une heure avant l’annonce de sa mise en quarantaine, la chancelière présentait de nouvelles mesures pour endiguer la pandémie de Covid-19. Après une longue conférence téléphonique avec les dirigeants des 16 Länder, les autorités fédérales et régionales sont parvenues à un accord. Une coordination nécessaire, car ces derniers temps les mesures prises différaient grandement d’un Land à l’autre. Tandis que la Bavière mettait déjà en place un confinement presque total, les autorités locales de la ville de Berlin assuraient que les familles pouvaient encore utiliser les aires de jeux. De quoi créer la confusion dans l’esprit des citoyens et les rendre peu enclins à suivre les directives les plus strictes.

Un confinement qui ne dit pas son nom

Désormais les rassemblements de plus de deux personnes ne vivant pas sous le même toit sont interdits. Les sorties restent autorisées pour aller travailler, chez le médecin, faire ses courses, du sport ou se promener en famille, mais une distance d’au moins 1,5 mètre devra être respectée entre les individus. « C’est comme ça que nous sauverons des vies », a insisté la chancelière. Toute infraction aux nouvelles mesures sera passible d’amendes.

Après avoir fermé les écoles, les crèches, les bars et la plupart des magasins la semaine précédente, l’Allemagne durcit à présent le ton. Mais toujours moins que l’Hexagone. Contrairement à son homologue français, Angela Merkel est ferme, mais pas alarmiste, comme l’a prouvé son allocution télévisuelle du 18 mars. Si la chancelière appelle ses concitoyens à « prendre la situation au sérieux », elle mise davantage sur la pédagogie que sur la peur et la menace. Elle en appelle à la « responsabilité de chacun » des Allemands et retrouve les accents rassurants qui ont fait la force de sa politique jusqu’à maintenant. Par ailleurs, le fait qu’elle intervienne à la télévision est déjà un message en soi. Hormis les traditionnels vœux de fin d’année, Angela Merkel ne s’est en effet jamais adressée de la sorte aux Allemands. Ce qui souligne l’importance du message.

Un taux de mortalité encore faible

Le confinement est donc moins strict qu’en France. Il faut dire que d’un pur point de vue statistique, la situation semble moins critique. Certes, le nombre de cas explose (31.554 le 25 mars selon l’institut de santé publique Robert Koch (RKI), mais le pays déplore encore relativement peu de morts. Avec 149 décès recensés le 25 mars, le taux de mortalité du coronavirus est bien plus faible que dans l’Hexagone (plus de 1100 morts en milieu hospitalier). Cette différence viendrait notamment du plus grand nombre de tests effectués en Allemagne. Selon l’association des laboratoires de médecine accrédités la barre des 400.000 tests aurait été dépassée le 24 mars.

Une autre raison de ce faible taux de létalité serait également que l’Allemagne « se trouve encore au début de l’épidémie », a déclaré Lothar Weidel, le président du RKI, avant de préciser que « son évolution reste incertaine ». Le système de santé semble toutefois mieux à même de faire face que dans d’autres pays. De ce côté du Rhin, on compte 28 000 lits de soins intensifs, soit 6 pour 1000 habitants, très loin devant la France (3,1 pour 1000) ou l’Italie (2,6 pour 1000).

Pour autant cela risque de ne pas suffire. Un projet de loi a donc été adopté en conseil des ministres le 23 mars afin de soutenir cliniques et hôpitaux. 10 milliards d’euros vont être débloqués et les obligations bureaucratiques diminuées. Les hôpitaux recevront par exemple 50.000 euros supplémentaires pour chaque nouveau lit de soins intensifs créé.

Soutien massif à l’économie

Le gouvernement ne s’occupe cependant pas uniquement de la santé de ses citoyens. Il s’inquiète aussi de celle de son économie. Événements annulés, contacts sociaux restreints, écoles fermées, production ralentie voire arrêtée… Selon l’institut économique Ifo, les mesures prises pour lutter contre le coronavirus pourraient coûter jusqu’à 729 milliards d’euros à l’Allemagne et plus d’un million d’emplois.

Le gouvernement a donc sorti l’artillerie lourde et a adopté le 23 mars un vaste plan de relance : des centaines de milliards vont être débloqués pour soutenir l’économie. Un Fonds de secours pour les grandes entreprises est notamment prévu, doté de 600 milliards d’euros. Il permettra à l’Etat fédéral de garantir les crédits des entreprises, voire d’acheter directement des parts dans le capital de celles menacées de faillite. La compagnie aérienne Lufthansa fait partie des candidats potentiels à cette semi-nationalisation. 50 milliards d’euros sont également prévus pour les PME et les travailleurs indépendants. Enfin, Berlin va financer de nombreuses mesures sociales, comme un report de paiement des loyers ou un assouplissement du recours au chômage partiel.

Pour financer ces mesures et compenser le recul des recettes fiscales, le gouvernement allemand va contracter 156 milliards d’euros de dettes cette année. Une entorse de taille à sa politique du « zéro déficit ». Reste à voir si cette crise inédite remettra en question durablement l’orthodoxie budgétaire allemande, si souvent décriée en Europe.

Liens

Comptes rendus d’Allemagne, La situation en France, Comptes rendus de France

Mises à jour

4 décembre 2020 : 1.140.977 cas détectés en Allemagne, 311.789 cas actifs, 811.091 personnes guéries du coronavirus, 18.097 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

27 novembre 2020 : 1.017.830 cas détectés en Allemagne, 316.653 cas actifs, 685.537 personnes guéries du coronavirus, 15.640 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Sous la présidence de la chancelière Angela Merkel, les 16 ministres-présidents des Länder ont décidé les mesures à prendre pour maîtriser l’épidémie de Covid-19 d’ici le début du mois de janvier 2021. Les restrictions du mois de novembre devront être prolongées jusqu’à ce moment et, dans certains cas, étendues – avec des dispositions particulières pour Noël et la veille du Nouvel An. Les ministres-présidents se sont généralement mis d’accord entre autres sur les points suivants que La chancelière Angela Merkel a précisés lors d’une conférence de presse le 25 novembre 2020 :

  • Les réunions dans la sphère privée par exemple entre amis et parents seront limitées à un maximum de cinq personnes par foyer. Du 23 décembre au 1er janvier « au plus tard », des rencontres organisées « dans le cercle le plus étroit de la famille ou des amis » seront possibles jusqu’à un maximum de dix personnes. Les enfants de moins de 14 ans étant exclus du règlement.
  • En ce qui concerne le commerce de détail, une procédure graduée dans les magasins de plus de 800 m2 de surface de vente ne permettra à l’avenir qu’une personne par 20 m2 ; pour les magasins de moins de 800 m2 de surface de vente, le règlement précédant (une personne par 10 m2) restera en vigueur.
  • Les feux d’artifice de la Saint-Sylvestre seront interdits par tous les États fédéraux et les municipalités aussi bien dans les rues que sur les places très fréquentées ; les feux d’artifice publics n’auront pas lieu ; il n’y aura cependant pas d’interdiction générale.

Les ministres-présidents ne sont pas parvenus à un accord concernant des mesures uniformes à l’échelle nationale pour les écoles ; aussi la réglementation pour les trains de la Deutsche Bahn est toujours en cours de discussion ; la fermeture temporaire des stations de ski sera appliquée jusqu’en janvier 2021 au moins, le gouvernement fédéral et les gouvernements des États fédéraux s’efforcent d’obtenir un vote à l’échelle européenne.

Quant aux hôtels et restaurants, le ministre-président de Thuringe, Bodo Ramelow, a déclaré que « personne ne s’attend à ce que des bars, des restaurants ou des hôtels soient ouverts d’ici le Nouvel An ». (JMU/SB)

20 novembre 2020 : 891.626 cas détectés en Allemagne, 306.899 cas actifs, 570.961 personnes guéries du coronavirus, 13.665 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

14 novembre 2020 : 785.093 cas détectés en Allemagne, 281.059 cas actifs, 491.769 personnes guéries du coronavirus, 12.404 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Selon le ministre de la santé Jens Spahn, le nombre des nouvelles infections du coronavirus a « fortement diminué » ces derniers jours. Toutefois, si l’augmentation n’est plus aussi rapide, le nombre d’infections continue néanmoins de s’élever : Le 13 novembre, l’Institut Robert Koch (RKI) a signalé un nombre record de 23.542 nouveaux cas d’infection en un jour.

Pour le moment, il ne faut donc pas s’attendre à des changements concernant les mesures actuelles de lutte contre l’épidémie dans un avenir proche : « Nous devrons maintenir ce rythme en hiver », a déclaré M. Spahn. Cependant, il est encore trop tôt pour évaluer les effets du confinement partiel imposé dans les 16 États fédéraux depuis le début du mois de novembre.

Quoiqu’il ne soit pas encore autorisé, le vaccin BNT162b2 développé par l’entreprise allemande de biotechnologie, BioNTech, et la société américaine Pfizer redonne de l’espoir. La Commission européenne a obtenu jusqu’à 300 millions de doses. L’Allemagne en aurait droit à 56 millions en raison de la taille de sa population. Grâce à un accord bilatéral dans le cadre du financement de la recherche pouraient s’ajouter jusqu’à 44 millions de doses (JMU/Bonbon)

7 novembre 2020 : 653.992 cas détectés en Allemagne, 235.347 cas actifs, 407.303 personnes guéries du coronavirus, 11.252 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

En Allemagne, la hausse rapide du nombre de nouvelles infections au coronavirus continue. Le 7 novembre 2020, les autorités sanitaires annoncent à l’Institut Robert Koch (RKI) un nombre record de 23.399 cas positifs détectés en 24 heures. (JMU)

31 octobre 2020 : 506.381 cas détectés en Allemagne, 153.588 cas actifs, 342.434 personnes guéries du coronavirus, 10.359 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Le taux de reproduction du coronavirus a brusquement bondi en Allemagne. Il se propage rapidement et atteint aujourd’hui 19.059 nouvelles infections en un jour. Afin de briser la deuxième vague du Covid-19, la Conférence des ministres-présidents (MPK) des 16 Länder a convenu avec la chancelière Angela Merkel d’un confinement partiel (« Lockdown light ») qui s’appliquera du 2 novembre jusqu’à la fin du mois – un réexamen de son effet sera effectué après deux semaines.

Les mesures comprennent la réduction au plus strict minimum des contacts (en public, seulement les membres de deux ménages et dix personnes au maximum) ; les établissements de restauration (exception : ventes à emporter et cantines), les bars, discothèques, pubs, etc. devront fermer, de même que les piscines, les salles de sport, etc. ; les événements servant au divertissement et aux loisirs (théâtres, cinémas, etc.), les sports amateurs (mais pas les sports individuels) et les hébergements touristiques seront interdits; les matchs de football professionnels, etc. se dérouleront sans public. Le port du masque restera obligatoire dans les lieux publics intérieurs tels que les magasins et à l’extérieur dans les endroits où la distance minimale de 1,5 m ne peut être respectée. La liberté de circulation sera toujours sans restriction.

Contrairement au printemps, tous les magasins de gros et de détail (ainsi que les salons de coiffure) resteront ouverts ; dans le cadre de règles d’hygiène strictes et d’un accès réduit, tout comme l’ensemble des crèches et des établissements scolaires ; dans les universités, l’enseignement en présentiel n’aura lieu que dans des cas exceptionnels.

Le premier ministre bavarois, Markus Söder, a déjà annoncé des mesures plus ambitieuses pour la Bavière, concernant entre autres les restrictions de contact. (JMU/Bonbon)

24 octobre 2020 : 426.110 cas détectés en Allemagne, 103.771 cas actifs, 312.331 personnes guéries du coronavirus, 10.008 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Le 24 octobre, les autorités sanitaires ont annoncé 14.714 nouvelles infections en un jour à l’Institut Robert Koch – un nombre record depuis le début de la pandémie en Allemagne. Le nombre de décès associés à la maladie Covid-19, quant à lui, a dépassé la barre des 10 000 ; le taux de reproduction sur 7 jours (valeur R) étant actuellement de 1,30.

Plus de 214 circonscriptions sont considérées comme des zones à risque, avec une valeur d’incidence de plus de 50 nouveaux cas en 7 jours ; dans 53 régions, cette valeur est supérieure à 100 ; dans le Berchtesgadener Land en Bavière, et dans les arrondissements berlinois Mitte et Neukölln, elle est supérieure à 200. La traçabilité des chaînes d’infection, qui est réalisé en partie avec le soutien de la Bundeswehr, n’est désormais plus possible dans certains endroits. (JMU/Bonbon)

17 octobre 2020 : 359.802 cas détectés en Allemagne, 59.750 cas actifs, 290.279 personnes guéries du coronavirus, 9773 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Étant donné la hausse rapide du nombre de nouvelles infections au coronavirus – qui atteint pour la quatrième journée consécutive un niveau record avec plus de 7830 cas – les ministres-présidents des 16 Länder se sont réunis avec la chancelière Angela Merkel le 14 octobre afin de trouver un commun accord sur des règles uniformes pour les métropoles et les circonscriptions présentant un taux d’infection élevé, ce qui en fait des zones à risque.

Il s’agit en particulier de limiter les contacts à partir de 35 nouvelles infections pour 100 000 habitants dans un délai de sept jours et d’étendre l’obligation de porter des masques dans les endroits où les gens se rapprochent ou les contacts perdurent (par exemple dans les zones piétonnes, les rues commerçantes, les marchés, les bâtiments publics).

Si les nouvelles infections dépassent le seuil d’alerte d’un taux d’incidence de 50, seules dix personnes au maximum seront autorisées à se réunir dans les lieux publics de ces « clusters » ; les mêmes règles s’appliquent aux fêtes privées; un couvre-feu est imposé le soir à partir de 23 heures pour la gastronomie, les cafés, les bars, etc. Une décision a été reportée concernant les interdictions d’hébergement, qui, comme les heures de couvre-feu, pourraient être rejetée par les tribunaux – comme cela s’est déjà produit.

À Berlin, à la fin du sommet du gouvernement fédéral et des ministres-présidents des Länder, la chancelière a annoncé que « nous sommes dans une phase de la pandémie qui est grave ». De plus, elle a insisté sur le fait que l’Allemagne est dans une phase exponentielle, et qu’il faut absolument empêcher une propagation incontrôlée du coronavirus.

En attendant, la Bavière qui est particulièrement touchée par les nouvelles infections a, quant à elle, déjà pris des mesures allant au-delà des accords ramenés au « plus petit dénominateur commun » des ministres-présidents, par exemple des restrictions concernant les rassemblements privés. (JMU/Bonbon)

10 octobre 2020 : 320.899 cas détectés en Allemagne, 37.572 cas actifs, 273.718 personnes guéries du coronavirus, 9609 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Les autorités sanitaires allemandes ont signalé pour la première fois depuis le printemps plus de 4700 nouvelles infections au coronavirus par jour, donc une forte augmentation du nombre de cas. Par conséquent, de plus en plus de régions et de villes sont classées zones à risque, y compris de grandes villes comme Berlin, Cologne et Francfort-sur-le-Main – le taux d’incidence sur 7 jours étant de 50 nouvelles infections pour 100.000 habitants. Actuellement, 23 régions ont dépassé cette barre ; au niveau national, le nombre de reproduction R passe à plus de 1,4.

Pour ces régions, des mesures plus strictes sont entrées en vigueur, bien qu’elles ne soient pas uniformes et varient d’un Land à l’autre – concernant entre autres le port du masque et les voyages en Allemagne (par exemple l’interdiction d’hébergement à l’hôtel).

Les maires des onze plus grandes villes allemandes et la chancelière Angela Merkel ont trouvé un accord commun lors d’une viséoconférence sur des restrictions à suivre à partir de 50 nouvelles infections pour 100.000 habitants : des masques obligatoires dans les zones piétonnes et les rues commerçantes, des restrictions de la liberté de réunion, des heures de couvre-feu et l’interdiction de vendre et consommer de l’alcool dans les lieux publics après 22 heures, etc.

Les autorités sanitaires déplorent cependant la difficulté croissante à suivre les chaînes d’infection – le début d’une « deuxième vague » de la pandémie du coronavirus semble être inéluctable en Allemagne. (JMU/Bonbon)

3 octobre 2020 : 298.668 cas détectés en Allemagne, 28.244 cas actifs, 260.893 personnes guéries du coronavirus, 9531 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

24 septembre 2020 : 279.025 cas détectés en Allemagne, 23.896 cas actifs, 245.706 personnes guéries du coronavirus, 9423 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

10 septembre 2020 : 256.433 cas détectés en Allemagne, 18.307 cas actifs, 228.784 personnes guéries du coronavirus, 9342 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Frank-Walter Steinmeier, le président fédéral d’Allemagne, a proposé une cérémonie commémorative officielle pour rendre hommage aux victimes du Covid-19. « Nous devons accompagner et soutenir les familles dans leur deuil – et réfléchir à la manière dont nous pouvons exprimer nos condoléances », a-t-il déclaré dans un entretien, ajoutant que « la mort due au coronavirus est une mort solitaire » ; les patients des hôpitaux et des maisons de retraite sont généralement morts sans l’aide de leur entourage, et dans de nombreux cas, les proches n’ont pas eu l’occasion de prendre congé. (JMU/Bonbon)

2 septembre 2020 : 246.015 cas détectés en Allemagne, 18.305 cas actifs, 218.403 personnes guéries du coronavirus, 9307 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Le gouvernement allemand condamne les exactions commises lors d’une manifestation le 29 septembre 2020 à Berlin contre les mesures « anti-Covid-19 » gouvernementales, une manifestation au départ interdite mais ensuite autorisée par un tribunal. Des centaines des quelque 40.000 manifestants ont même franchi les barrières autour du bâtiment du Reichstag, qui abrite le parlement fédéral, avant d’être repoussés par les policiers. Le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer a dénoncé cette « attaque contre le cœur de notre démocratie » comme « inacceptable ».

Manifestants autour de la Siegessäule / Colonne de la Victoire, le 29 août 2020 à Berlin, © Jaz_Online, Shutterstock

À la rentrée scolaire, les élèves à partir de la sixième ont dû porter un masque aux établissements scolaires dans plusieurs Lands – et même en cours au moins les premiers 15 jours comme en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et à partir de cette semaine en Bavière. Les règles ne sont pas uniformes et dépendent de chaque Land. Si le résultat d’un test de dépistage du coronavirus est positif, on ne fermera plus des écoles entières : seulement les personnes concernées seront envoyées en quarantaine pendant 14 jours – avec leurs classes et leurs personnes de contact.

Depuis le 24 août, les régions Île-de-France et Provence Alpes Côte d’Azur sont classées « zones à risques » par l’autorité sanitaire fédérale allemande (Robert Koch Institut). Le ministère fédéral des affaires étrangères a déclaré que toute personne ayant séjourné dans l’une de ces régions durant les 14 derniers jours doit respecter plusieurs obligations, entre autres passer un test gratuit de dépistage dans les 72 heures suivant leur entrée sur le territoire allemand. Les voyageurs doivent ensuite s’isoler jusqu’à l’obtention des résultats. La quarantaine prend fin dès que le test est négatif. (JMU/Bonbon)

18 août 2020 : 226.712 cas détectés en Allemagne, 14.565 malades du Covid-19, 202.907 personnes guéries du coronavirus, 9240 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

En Allemagne, le nombre de nouveaux cas de coronavirus est en augmentation relativement forte ces derniers jours – suite à des voyages à l’étranger, en raison de tests de plus en plus nombreux et de l’insouciance croissante de la population. Depuis un communiqué d’avertissement aux voyageurs et la classification de région à risque de la péninsule espagnole et des Baléares par le ministère des Affaires étrangères allemand, un test de dépistage gratuit pour le Covid-19 est obligatoire pour tous les voyageurs qui viennent de cette région ainsi que pour tous ceux en provenance de toutes zones classifiées à risque.

Ces mesures ont engendré problèmes et chaos à de multiples reprises, notamment à l’aéroport de Berlin où un centre de dépistage a été temporairement fermé suite à une agression, mais aussi en Bavière où 44.000 des 60.000 tests – dont 1398 positifs – n’ont pas pu être attribués et 900 personnes infectées n’ont pas pu être informées temporairement.

Dans plusieurs Lands, l’enseignement a repris après la pause estivale – avec des réglementations parfois très différentes : en Rhénanie-du-Nord-Westphalie par exemple, les élèves à partir de la sixième doivent porter le masque y compris pendant les cours ; quelques jours après la rentrée, des écoles et lycées ont été de nouveau fermés après des tests de dépistage s’étant avérés positifs. 

Le non-respect du port obligatoire du masque par certaines personnes entraîne régulièrement des disputes parfois violentes dans les transports en commun, les magasins et parfois entre voisins. (JMU/Naulet)

8 août 2020 : 216.196 cas détectés en Allemagne, 11.066 cas actifs, 195.935 personnes guéries du coronavirus, 9195 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Période de vacances = période de coronavirus : le nombre de nouvelles personnes infectées en Allemagne a dépassé pour le troisième jour consécutif le seuil critique des plus de 1000 cas, notamment à cause des personnes rentrant de vacances ou de leur pays d’origine ; selon les estimations de l’Institut Robert Koch (RKI), le nombre de reproduction estimé, en abrégé « R », est de 1,16 à ce jour – autrement dit, une personne infectée a contaminé en moyenne une autre personne.

Depuis le 8 août un test coronavirus gratuit est obligatoire pour les personnes revenant de zones à risque. La liste des régions et pays concernés est longue ; les Allemands d’origine turque ne sont pas les seuls à avoir exprimé leur mécontentement concernant la classification de la Turquie comme zone à risque. Le directeur de la fédération allemande des médecins généralistes (deutscher Hausärzteverband) qualifie le test rendu obligatoire pour les personnes revenant de voyage d’« activisme »  et de mesure dont « la mise en place n’a pas été planifiée de manière réfléchie et sensée ». Dans une interview au quotidien allemand Welt, il reproche au monde politique de provoquer l’incertitude de la population avec des idées et mesures sans cesse renouvelées – alors même que la menace de la pandémie doit continuer à être prise très au sérieux. (JMU/Naulet)

30 juillet 2020 : 208.818 cas détectés en Allemagne, 8404 cas actifs, 191.279 personnes guéries du coronavirus, 9135 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

En Allemagne, le nombre de nouvelles contaminations recensées est aussi élevé qu’à la mi-juin lors de l’épidémie qui a eu lieu à l’abattoir de Tönnies – le président de l’Institut Robert Koch, Lothar Wieler, s’est dit préoccupé par cette évolution. Il a répété à plusieurs reprises que les règles doivent être respectées : distance, hygiène, masque. Le nombre de reproduction estimé du virus, en abrégé « R », était de 1,02 à ce jour – autrement dit une personne infectée a contaminé en moyenne une autre personne. (JMU/Naulet)

20 juillet 2020 : 202.931 cas détectés en Allemagne, 6149 cas actifs, 187.689 personnes guéries du coronavirus, 9093 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

À l’heure actuelle, les épidémies de Coronavirus se produisent sporadiquement dans divers milieux en Allemagne, tels que les entreprises de transformation de la viande, les maisons de retraite et de soins et les hôpitaux, ainsi qu’à l’occasion de fêtes familiales et d’événements religieux ou dans les centres d’hébergement pour demandeurs d’asile et réfugiés. Les autorités réagissent avec des confinements locaux. (JMU/Naulet)

14 juillet 2020 : 200.180 cas détectés en Allemagne, 6006 cas actifs, 185.100 personnes guéries du coronavirus, 9074 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

7 juillet 2020 : 198.079 cas détectés en Allemagne, 6491 cas actifs, 182.560 personnes guéries du coronavirus, 9028 en sont mortes (source : Johns Hopkins University CSSE)

Cercles de distance à Düsseldorf, © Landeshauptstadt Düsseldorf / David Young

26 juin 2020 : 192.556 cas détectés – soit 477 de plus que le jour précédent – et 8948 morts recensés. Jusqu’à maintenant 177.100 personnes sont guéries du coronavirus en Allemagne.

Le scénario tant redouté est devenu réalité dans l’Ouest de l’Allemagne : deux cantons ont été reconfinés en Rhénanie-du-Nord-Westphalie après la découverte d’un nouveau foyer de Covid-19 dans un abattoir. Plus de 1500 employés du géant de la viande Tönnies ont en effet été testés positifs au nouveau coronavirus depuis une semaine. Au total, 7000 personnes ont été placées en quarantaine et une vingtaine ont été hospitalisées. Les autorités ont donc décidé de refermer les bars, les écoles, les piscines et gymnases jusqu’à la fin du mois. Ces mesures concernent 360.000 personnes dans le canton de Gütersloh et 280 000 à Warendorf.

Que ce nouveau foyer apparaisse chez le leader allemand de l’industrie de la viande n’est pas vraiment étonnant. Dans la ville de son siège, Rheda-Wiedenbrück, Tönnies possède le plus grand abattoir européen, qui, selon le Spiegel, emploie plus de 6.000 personnes, dont de nombreux travailleurs intérimaires originaires d’Europe de l’Est. En 2019 l’entreprise a réalisé plus de 7 milliards de chiffres d’affaire. « On sait depuis longtemps que ce succès se fait sur le dos des employés, peut-on lire dans les colonnes du Frankfurter Rundschau. Lors d’une conférence de presse en 2007, Gerd Andres, alors secrétaire d’Etat au ministère du travail, avait cité Tönnies comme exemple de la situation insoutenable de l’industrie de la viande. » Le ministre-président de Rhénanie du Nord-Westphalie, Armin Laschet veut donc examiner si l’entreprise peut être tenue pour responsable de cette relance de l’épidémie. Dans tous les cas la réputation de Tönnies est bien entachée. Une équipe de football de Bielefeld, sponsorisée par l’entreprise, a déjà annoncé vouloir mettre fin à son partenariat avec le géant de la viande.

Si certains Allemands doivent rester chez eux, d’autres peuvent toutefois partir au soleil sur leur bien aimée Majorque. Cette île espagnole est tellement importante pour les touristes allemands qu’elle est parfois surnommée la 17e région allemande. Pas étonnant donc qu’ils soient les premiers autorisés à venir se prélasser sur ses plages dans le cadre d’un « projet pilote ». Entre le 15 juin et le 1er juillet, date officielle de réouverture des frontières de l’Espagne, plus de 10 000 touristes allemands devraient séjourner dans les îles Baléares. Ces premiers vacanciers de l’ère post-Covid permettront « de roder les protocoles qui devront être opérationnels au moment de la réouverture du pays aux touristes », a expliqué le ministre espagnol de la santé, Salvador Illa.

15 juin 2020 : 186 461 cas détectés soit 192 de plus que le jour précédent et 8791 morts recensés. Jusqu’à maintenant 172 600 personnes sont guéries du coronavirus en Allemagne.

Le coronavirus semble déjà appartenir au passé pour les habitants de certaines régions allemandes. En Thuringe, à l’Est du pays, toutes les mesures de distanciation sociales ont été levées le 13 juin. Certes, les autorités recommandent encore de limiter les contacts, mais les contrevenants ne s’exposent à aucune amende. A l’inverse, dans les autres régions allemandes, ceux qui ne respectent les règles de distanciation sociales sont encore passible de sanctions. Ce retour à la normale a suscité de vifs débats dans tout le pays. Les États voisins de Bavière et de Hesse, en particulier, ont réagi avec scepticisme à la décision de la Thuringe, la Bavière la qualifiant même « d’irresponsable ».

Quant au gouvernement fédéral, il travaille à l’après Covid-19. Il a en effet annoncé un plan de relance décliné en 57 mesures et qui devrait coûter dans les 130 milliards d’euros. Cet ambitieux programme prévoit de doper la demande des ménages, notamment grâce à une baisse de la TVA, des primes aux familles et un allégement de la facture d’électricité. Côté offre, l’industrie allemande doit se moderniser pour sortir de la crise. Le plan comprend donc 50 milliards d’investissements dans les transports, la santé et le numérique. 7 milliards devraient d’ailleurs être investis dans le développement de la filière de l’hydrogène ; ce qui pourrait faire de l’Allemagne le numéro 1 mondial de cette énergie.

Ce plan a fait l’objet de longues discussions au sein de la coalition gouvernementale. Principal point de discorde entre les sociaux-démocrates et les conservateurs : l’instauration d’une prime à l’achat pour soutenir le secteur automobile. Contrairement à ce que souhaitait le puissant lobby de l’automobile, le plan de relance ne prévoit aucune prime pour l’achat de véhicules à essence ou diesel à faibles émissions. Il faut dire que le Dieselgate est passé par là et a quelque peu entamé l’influence de cette grande industrie. En revanche, la prime à l’achat des voitures électriques sera doublée. Peut-être cela va-t-il inciter BMW, Mercedes & co à accélérer leur reconversion. 

29 mai 2020 : 180.458 cas détectés – soit 741 de plus que le jour précédent – et 8450 morts recensés. Jusqu’à maintenant 164.100 personnes sont guéries du coronavirus en Allemagne.

700 avions sur 760 cloués au sol et 3000 passagers par jour au lieu de 350.000 : les conséquences du coronavirus pour la Lufthansa sont énormes. Ses pertes se chiffrent aujourd’hui à un million d’euros par heure. Pour éviter la faillite, le premier groupe de transport aérien d’Europe a négocié un plan d’aide avec l’Etat allemand d’un montant de 9 milliards d’euros. Si 3 milliards devraient être versés sous forme de prêts garantis, l’Etat prévoit également d’acquérir 20 % du capital de l’entreprise. Cela permet au gouvernement d’envoyer deux représentants au conseil de surveillance, tout en restant en dessous de la minorité de blocage de 25,1 %. Toutefois l’aide étatique ne vient pas sans conditions. L’Etat a exigé l’arrêt du paiement des dividendes et des bonus pour la durée de la crise. Par ailleurs, selon les informations du journal Der Spiegel, des objectifs de respect de l’environnement ont également été imposés. La compagnie pourrait notamment renouveler sa flotte avec des avions moins gourmands en énergie.

Les conséquences du coronavirus pour la Lufthansa : en mai 2020, 700 avions sur 760 sont cloués au sol. © Shutterstock

Mais il n’y a pas que la Lufthansa qui se débat avec les conséquences du coronavirus. L’économie allemande dans son ensemble est durement touchée. Selon l’Office Fédéral des statistiques, le PIB du pays a reculé de 2,2 % au premier trimestre. Du jamais vu depuis la crise financière de 2008/2009.

Alors que les foyers d’infection se sont multipliés dans les abattoirs allemands ces dernières semaines, le gouvernement allemand a présenté des mesures pour mieux réguler le secteur. « A partir du 1er janvier 2021, l’abattage et la transformation de la viande ne pourront être effectués que par les salariés de l’entreprise », a annoncé le ministre du Travail allemand Hubertus Heil. Cette interdiction devrait mettre fin à une pratique très répandue, consistant à faire appel à de la main d’œuvre d’Europe de l’Est, embauchée par des entreprises de ces pays puis détachée en Allemagne via des contrats de prestation. Si l’annonce a été très bien accueillie par les syndicats, elle a provoqué la colère du secteur, qui craint une forte hausse des coûts. « Une grande partie des activités de transformation de la viande va devoir être délocalisée », a déclaré le chef de VDF, l’association professionnelle de l’économie de la viande, dans une interview au groupe de presse Funke.

Enfin le ministre-président de Thuringe, Bodo Ramelow, a défrayé la chronique cette semaine. Ce membre du parti d’extrême-gauche die Linke a décidé de lever toutes les mesures de confinement dès le 6 juin prochain. Cela signifie concrètement : plus de masques, plus de distance de sécurité et plus de restriction des contacts. Alors que le gouvernement fédéral vient recommander aux citoyens  de continuer à limiter leurs interactions sociales jusqu’au 29 juillet, l’attitude du ministre-président de Thuringe fait polémique. Imprudente, dangereuse, populiste… Les qualificatifs ne manquent pas. « Il ne faut surtout pas donner l’impression que la pandémie est terminée », a critiqué le ministre de la santé Jens Spahn dans les colonnes du journal Bild.

Le ministre a d’ailleurs lancé une campagne « Nous restons chez nous », qui demande « solidarité et cohésion » aux citoyens allemands – mais qui n’est pas entièrement suivie. Après une fête dans un restaurant de Moormerland en Basse-Saxe, 35 infections ont été détectées et 217 personnes ont été placées en quarantaine (statut au 28/05). Et à Francfort, plus de 100 croyants qui chantaient ensemble sans masque de protection ont été infectés après un service religieux.

18 mai 2020 : 174.697 cas détectés soit 342 de plus que le jour précédent – et 7935 morts recensés. Jusqu’à maintenant 154 600 personnes sont guéries du coronavirus en Allemagne.

Tous les magasins ouverts, des gens assis aux terrasses des cafés et restaurants… La vie reprend définitivement des airs de normalité de ce côté du Rhin. Et si l’on en croit le ministre des affaires étrangères, Heiko Maas, les Allemands pourraient même partir en vacances en Europe cet été. Il va discuter avec plusieurs de ses homologues européens d’une ouverture progressive des frontières à partir du 14 juin. Par ailleurs, après deux mois de blocage total, la République Fédérale a déjà réouvert sa frontière avec le Luxembourg et légèrement assoupli ses conditions de passage avec la Suisse et l’Autriche.

Malgré tout, les manifestations contre les restrictions de liberté se multiplient en Allemagne. Militants  d’extrême-droite et d’extrême-gauche, opposants aux vaccins, partisans de la théorie du complot ou encore citoyens simplement soucieux de leurs libertés… Le mouvement anti-confinement ratisse large et a encore rassemblé des milliers de personnes dans les métropoles allemandes samedi dernier. À Stuttgart, la police a ainsi dispersé tant bien que mal 5000 manifestants.

Le mouvement est largement soutenu par l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui espère ainsi regagner le terrain perdu pendant la crise. Pendant ce temps, si les chiffres restent encourageants en Allemagne quant au nombre de nouvelles infections, un nouveau foyer a été découvert dans un abattoir. 92 employés d’une entreprise de découpe de viande de Basse-Saxe ont été testés positifs au coronavirus. Et ce n’est que le dernier exemple en date dans ce secteur, déjà souvent sous le feu des critiques pour ses mauvaises pratiques. En effet, les abattoirs emploient souvent de la main d’oeuvre d’Europe de l’Est, embauchée au travers d’entreprises sous-traitantes étrangères. Une manière de se « déresponsabiliser » selon les syndicats. Et il n’est pas rare que ces employés contractuels vivent regroupés dans des foyers et travaillent dans des conditions d’hygiène douteuses. Le ministre du travail, Hubertus Heil, devrait donc présenter en conseil des ministres des mesures pour mieux réguler le secteur. 

© dokdoc.eu

11 mai 2020 : 169.575 cas détectés – soit 357 de plus que le jour précédent – et 7417 morts recensés. Jusqu’à maintenant 145.600 personnes sont guéries du coronavirus en Allemagne.

La vie reprend des airs de normalité de ce côté du Rhin. Suite à une réunion avec les dirigeants des 16 régions le 6 mai, la chancelière a annoncé de nouveaux assouplissements, comme la réouverture de tous les commerces sous conditions comme le port d’un masque. « Nous sommes arrivés au point où nous pouvons dire que nous avons atteint l’objectif de ralentir la propagation du virus », a déclaré la chancelière. Si elle se montre optimiste, elle a toutefois imposé un « mécanisme d’urgence » qui doit permettre un retour rapide au confinement en cas de reflux de l’épidémie.

Certains Länder n’ont cependant pas attendu la concertation avec l’Etat fédéral pour exposer leur propre calendrier. Ainsi le ministre président de Saxe-Anhalt avait déjà annoncé l’autorisation des rassemblements de 5 personnes n’appartenant pas au même foyer. Et au Nord, près de la mer Baltique, les restaurants et les hôtels vont reprendre du service dès la fin du mois de mai.

Pourtant le déconfinement allemand connait déjà ses premiers ratés. Dans plusieurs cantons le nombre de contaminations est reparti à la hausse. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie notamment, un important foyer de Covid-19 a vu le jour à Coesfeld dans une usine de transformation de viande. Plus de 200 des 1200 employés ont été infectés. Le site a été fermé, et le déconfinement prévu a été repoussé. Par ailleurs, le taux de reproduction du virus a dépassé le seuil critique de 1 ce weekend alors qu’il n’était que de 0,65 mercredi dernier. Noté R0, ce chiffre représente combien de personnes en moyenne un individu infecté risque de contaminer autour de lui. Selon les experts, il doit être maintenu en-dessous de 1 pour contrôler la propagation du virus.

Ces statistiques peu encourageantes n’ont pas empêché des milliers de personnes de manifester contre le confinement samedi dernier.  Ils étaient 3000 à Munich, 1000 à Berlin, 500 à Francfort… Et ils accusent tous le gouvernement et les médecins de semer la panique et de violer les droits fondamentaux de la population.

2 mai 2020 : 161.703 cas détectés et 6575 morts recensés

L’Allemagne continue doucement son chemin vers le déconfinement. Cette semaine la chancelière a annoncé la réouverture des lieux de culte, ainsi que des musées, zoos et mémoriaux – à condition de respecter les désormais habituelles mesures barrières. Les restaurants et cafés resteront toutefois fermés au moins jusqu’au 6 mai. Quant à une réouverture des frontières avec les pays européens, elle n’est « pas au programme » pour le moment a déclaré Angela Merkel.

Prudence reste donc le mot d’ordre de la chancelière. Une attitude soutenue par de nombreux scientifiques, dont le virologue Christian Drosten. « Le plan fédéral est de lever le confinement en douceur mais comme les États allemands, les Länder, fixent leurs propres règles, je crains que nous ne voyions beaucoup de créativité dans l’interprétation de ce plan, a confié le médecin au journal britannique The Guardian. J’ai peur que le taux de reproduction ne croisse à nouveau et que nous devions affronter une deuxième vague. » Un retour du en force du virus qui pourrait être encore plus violent et mettre à mal les capacités des hôpitaux allemands. Surtout que les craintes de Drosten sont loin d’être infondées. Le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Armin Laschet, préconise par exemple un retour à la vie normale le plus rapidement possible.

Il faut dire que les statistiques économiques sont inquiétantes. Mercredi 29 avril, le ministre de l’économie, Peter Altmaier, a annoncé que le produit intérieur brut (PIB) devrait chuter de 6,3 % cette année, du jamais-vu depuis le début des calculs, en 1970. « Nous allons vivre la pire récession de l’histoire de la République fédérale allemande », a-t-il averti. Quant au nombre de chômeurs, il a augmenté de 13,2 % en avril (308.000 chômeurs en plus). Et face aux incertitudes sur le développement de la pandémie, les pronostics sur une éventuelle reprise sont encore très difficiles.

Le coronavirus a également affecté la fête du travail à Berlin et ses traditionnelles grandes manifestations. 27 défilés de 20 personnes maximum étaient autorisés et 5000 policiers étaient mobilisés dans la capitale. Malgré tout, quelques milliers de militants d’extrême-gauche – bien peu respectueux des mesures de distanciation sociale – se sont réunis dans les rues du quartier de Kreuzberg. Quelques pétards et bouteilles ont été lancés sur les policiers, sans pour autant faire autant de dégâts que d’habitude.

Une équipe de télévision de la chaîne ZDF a toutefois été attaquée par une quinzaine de personnes sur l’Alexanderplatz, en plein centre-ville. Cinq de ses membres ont été blessés – quatre d’entre eux devant même être conduits d’urgence à l’hôpital. Mais plus encore que la violence, les autorités locales craignent que ces nombreux rassemblements n’entrainent une hausse des infections dans les semaines à venir.

24 avril 2020 : 150.383 cas détectés et 5321 morts recensés

En début de semaine, Angela Merkel s’est exprimée avec une véhémence rare pour elle, exhortant ses concitoyens à faire preuve de prudence. Lors d’une conférence de presse, la chancelière a dénoncé les « orgies de discussion sur l’ouverture ». « Ce serait triste à en pleurer que les succès acquis soient réduits à néant dans quinze jours en voulant aller trop vite », a-t-elle insisté.

Il faut dire que partout on ne parle plus que de déconfinement. Les petits commerces ont réouvert et les écoles devraient suivre. Côté football, les matchs de la Bundesliga devraient reprendre dès le 9 mai, à huit clos. Une décision critiquée par Karl Lauterbach, l’expert santé du parti social-démocrate (SPD). « La Bundesliga va utiliser des tests qui manquent dans les maisons de retraite et les écoles », a écrit le politicien sur Twitter. Sans compter les risques d’infection si les fans se rencontrent. « Personne n’a besoin de pain et de jeux », a-t-il ajouté.

Si Markus Söder, le ministre-président de Bavière s’est prononcé pour la reprise des matchs de foot, il reste très prudent dans sa région. Il a notamment annoncé l’annulation de l’Oktoberfest cette année, la fête de la bière de Munich. En Bavière comme partout en Allemagne d’ailleurs, il sera obligatoire de porter un masque de protection dans les transports publics et – dépendant du Land – dans les magasins, dès la semaine prochaine. Les masques pourront être en tissu et cousus main ; un foulard devant la bouche et le nez pourra même suffire, l’objectif étant avant tout de protéger les autres. 

Petit signe d’espoir tout de même : les premiers essais cliniques pour un vaccin contre le nouveau coronavirus vont être lancés en Allemagne, par l’entreprise BioNTech, localisée à Mayence. 

Markus Söder, ministre-président de Bavière, le 20 avril 2020 avant l’assemblée plénière du Landtag, le Parlement régional, © picture alliance/Peter Kneffel/dpa  

17 avril 2020 : 133.830 cas de coronavirus détectés et 3868 morts recensés

C’est le mot de la semaine : assouplissement. Après de longues négociations avec les présidents de région, la chancelière a esquissé mercredi dernier un premier agenda de sortie de crise. Fidèle à elle-même, Angela Merkel se montre très prudente. Si elle se félicite des « succès d’étape » obtenus, elle appelle les Allemands à ne pas se relâcher. La limitation des contacts sociaux est donc prolongée jusqu’au 4 mai. Toutefois la vie économique va reprendre doucement son cours. Les commerces d’une surface inférieure à 800 mètres carrés pourront ainsi ouvrir leurs portes dès la semaine prochaine. Le 4 mai est également le jour fixé pour la réouverture des établissements scolaires. Dans un premier temps elle ne concernera que les élèves devant passer des examens. Les autres devront patienter, tout comme les enfants en crèche, où un retour à la normale n’est pas prévu avant les vacances d’été. Quant aux « grandes manifestations », elles restent interdites jusqu’au 31 août.

Maintenant que la feuille de route est prête, c’est aux Länder de la mettre en place. Et le tempo va sensiblement différer selon les régions. Alors que Berlin parle de commencer les épreuves du bac dès le 27 avril, la Bavière ne veut pas ouvrir ses écoles avant le 11 mai. Markus Söder, ministre-président bavarois, continue ainsi sur la ligne stricte qui le caractérise depuis le début de la crise. Sa région a été la première à fermer les écoles et à annoncer le confinement. Et visiblement sa gestion de crise est appréciée. Sa côte de popularité est en hausse constante, et selon un sondage paru la semaine dernière, 27% des Allemands le verraient bien succéder à Angela Merkel. 

10 avril 2020 : 113.525 cas de coronavirus détectés et 2373 morts recensés

Les chiffres appellent à l’optimisme en Allemagne. Sur plus de 110.000 infectés, 50.000 personnes seraient déjà guéries du coronavirus a assuré le ministre fédéral de la santé Jens Spahn lors d’une conférence de presse cette semaine. Plus de 10.000 lits de soins intensifs seraient disponibles et  surtout, la courbe des nouvelles infections se stabilise, prouvant l’efficacité des mesures de distanciation sociale adoptées dans le pays.

Si de plus fortes restrictions ne sont donc pas au programme, « nous ne pouvons pas être imprudents » a insisté Angela Merkel devant la presse le 9 avril. Sorties et rencontres doivent rester limitées au maximum, même pour ce weekend de Pâques qui s’annonce très ensoleillé.

Certaines statistiques restent toutefois inquiétantes : celles sur l’économie. 650 000 entreprises allemandes ont déjà recours au chômage partiel.  Selon les projections communes des cinq plus grands instituts de recherche économique du pays, publiées le 8 avril, le PIB allemand devrait chuter de 4,2% cette année et le chômage s’élever à 5,9 %. De plus, 2,4 millions de personnes devraient se retrouver en chômage partiel. Toutefois les experts pronostiquent un rebond dès 2021 avec une hausse du PIB de 5,8 %. 

3 avril 2020 : 79.696 cas de coronavirus détectés et 1017 morts recensés

Après trois tests négatifs et 14 jours de quarantaine, Angela Merkel devrait pouvoir retourner à la chancellerie. Toutefois rester à la maison ne l’a pas empêchée de travailler. C’est d’ailleurs depuis son appartement qu’elle a annoncé le prolongement des mesures de confinement jusqu’au 19 avril dans tout le pays.

Selon le baromètre politique de l’ARD du 2 avril, 72% des Allemands estiment que le gouvernement fédéral fait un bon travail dans cette époque de crise. Un record pour la coalition au pouvoir. En mars, seuls 35 % des citoyens étaient satisfaits de leur gouvernement. Avec 34 % d’intentions de vote, soit 7 points de plus que le mois précédent, ce sont surtout les conservateurs qui profitent de ce regain de popularité. Les populistes à l’inverse chutent à 10 %, leur plus mauvais score depuis août 2017.

Enfin, ici aussi on réfléchit à l’après-confinement. Plusieurs instituts de recherche publics vont lancer une grande étude sur plus de 100 000 personnes pour savoir si elles sont immunisées contre le coronavirus.

27 mars 2020 : 42.288 cas de coronavirus détectés et 253 morts recensés

La semaine dernière, l’institut Robert Koch parlait de 160 000 tests de dépistage du coronavirus effectués chaque semaine en Allemagne. Mais le pays accélère la cadence. Le virologue en chef de l’hôpital de la Charité à Berlin, Christian Drosten, estime ainsi que 500 000 tests sont effectués chaque semaine. Toutefois, ce chiffre reste sujet à débat et d’autres experts de la santé avancent des capacités de dépistage plus proches des 400 000 par semaine. 

Aujourd’hui, le Spiegel publie les résultats d’une étude commandée par le gouvernement sur l’évolution du Coronavirus. Selon les scientifiques mandatés, si le gouvernement n’avait pris presque aucune mesure préventive, comme une restriction des sorties, on aurait pu déplorer plus d’un million de morts en Allemagne. A l’inverse, si le pays augmente sa capacité de test à 100.000, puis 200.000 par jour et utilise la géolocalisation pour traquer les malades potentiels, le coronavirus pourrait infecter un million de personnes et provoquer plus que 12.000 décès. Dans tous les cas, l’épidémie n’en est qu’à ses débuts. 

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