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Covid-19

Le présent du futur

Von Sophia Bonbon

© Andrey_and_Lesya sur Pixabay

27. November 2020

Peut-on – après l’annonce de plusieurs vaccins – considérer la crise sanitaire en 2020 déjà comme un événement historique ? En tout cas, c’est ce que fait la Maison de l’Histoire Haus der Geschichte à Bonn en collectionnant des objets liés au Covid-19.

Dietmar Preißler, historien et directeur de la collection d’objets historiques de la Maison de l’Histoire à Bonn, déclare que nous vivons dans une époque exceptionnelle qui entrera dans l’Histoire. Pour documenter cette période mondialement bouleversante pour les générations à venir, il collectionne donc d’ores et déjà tout objet témoignant la pandémie de 2020 : « nous disons que nous collectons des objets qui racontent des histoires, des objets de la vie quotidienne, qui sont une histoire en eux et qui nous aident à nous souvenir. Ils relient le passé au présent. La qualité ne doit pas nécessairement être esthétique, la qualité résulte de l’histoire cachée dans l’objet ».

Dietmar Preißler et son équipe recherchent des objets qui montrent clairement l’importance historique de l’effet causé par le coronavirus. Comme cette chope à bière – fabriquée pour l‘Oktoberfest 2020, la célèbre fête bavaroise de la bière. Tout comme tant d’autres milliers d’objets, elle n’a jamais été utilisée, car la fête a été annulée en 2020. Dans la cave de son musée, on peut ainsi découvrir un trésor exceptionnel contenant de nombreuses pièces uniques auxquelles on ne s’attend pas.

Objets raconteurs d‘histoires

Parmi ces objets uniques, on trouve le ballon de foot du premier match à huis clos de première division de la « Bundesliga ». Il s’agit du match de Mönchengladbach joué le 11 mars 2020. Plus de 50.000 supporters sont normalement présents et soutiennent leur équipe. Ils crient de joie la victoire ou pleurent la défaite de leur équipe. Mais ce jour-là, seuls quelques photographes sont présents pour documenter l’événement. Étant donné la forte augmentation du nombre de cas  positif au coronavirus, les fans furent obligés de rester dehors. Ce fut le premier match à huis clos de la première division allemande. Et le ballon ? Un témoin muet de l’événement.

C’est Gangelt, dans le district de Heinsberg, qui est considéré comme le premier lieu de super-propagation en Allemagne. Une couronne de bière du carnaval de Gangelt est ainsi le souvenir du premier super-propagateur, celui qui n’éternue pas, ne tousse pas,  ne fait que respirer et parler, et surtout, de façon inaperçue, propager le coronavirus.

Le président de l’association du carnaval a remis au musée non seulement la couronne de bière mais aussi sa propre casquette de bouffon. Ces deux objets seront transférés au dépôt du musée. Ils sont déjà considérés comme symboles du début de la pandémie en Allemagne.

Le coronavirus a fait en sorte que d’innombrables festivals ont été annulés, mais les restrictions ont en même temps rendu les gens créatifs. Dietmar Preißler cite en exemple une communauté de Bonn : « Ils ont eu l’idée de faire consacrer 80 litres d’eau, puis une entreprise de Cologne a eu l’idée d’en fabriquer de l’eau bénite à emporter, sous la forme d’une serviette rafraîchissante. » Voilà comment visualiser les rituels.

Objets pour la postérité

Depuis le confinement de mars 2020, la Maison de l’Histoire à Bonn a déjà rassemblé plus de 400 objets en rapport avec la pandémie de Covid-19, déclarant qu’elle avait collecté plusieurs pièces significatives et symboliques depuis sa fermeture au printemps. Au plus tard depuis cette époque, il fut clair que le coronavirus allait marquer l’Histoire contemporaine de façon inoubliable. Son personnel a spécifiquement demandé à des personnes ou des institutions d’obtenir des objets témoins, souvenirs de l’événement. Par exemple, le panneau d’un supermarché avertissant de ne pas stocker de provisions et ajoutant les conseils et règles à suivre pour faire ses achats en respectant gestes barrières et mesures de confinement.

Pour la première fois, les historiens ne s’intéressent qu’à la collecte de choses significatives et à l’enregistrement de leur histoire pour la postérité. Par conséquent une exposition des objets n’est pas prévue pour le moment. Outre les 400 objets, l’équipe du musée continue à chercher… il faut faire avant que les choses ne finissent à la poubelle, car ils « travaillent sans relâche à la construction de la mémoire culturelle de la République fédérale ». Cependant, l’objet qui rendrait le directeur du musée le plus heureux serait la première dose de vaccin, tant attendu contre le Covid-19.

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