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Chansons allemandes en photos

Des jours comme ceux-là

Von Sophia Bonbon

Membres de l’association du carnaval de Cologne « Kölsche Funke rut-wiess vun 1823 » prenant le petit déjeuner avant le cortège du lundi des Roses en 2014 ; une photo inspirée par la chanson Nit für Kooche / Nicht für Kuchen de BAP / Wolfgang Niedecken, © Hans-Jürgen Burkard

28. Juli 2020

Dans notre pays. Photographies de Hans-Jürgen Burkard est le titre d’une exposition actuelle du musée Haus der Geschichte à Bonn. Située dans la galerie souterraine de sa station de métro, elle est accessible jour et nuit – un grand avantage en temps de pandémie.

L’exposition présente, jusqu’en février 2021, des œuvres de la série An Tagen wie diesen (Des jours comme ceux-là) en grand format. Elles sont issues d’un projet à long terme pour lequel le photographe Hans-Jürgen Burkard a traversé toute l’Allemagne pendant plus de dix ans – une épaisse pile de paroles de chansons allemandes sur le siège passager de sa voiture pour lesquelles il a cherché les motifs correspondants.

De la silencieuse mer du nord jusqu’à la montagne la plus haute d’Allemagne, la Zugspitze, en passant par les fêtes traditionnelles comme le carnaval de Cologne, rien n’échappe au photographe. Il s’inspire des lignes de chansons pour présenter des photos montrant une Allemagne tantôt poétique, tantôt avec un clin d’œil, tantôt typique, la photo et la musique se commentant l’une l’autre et traduisant ainsi l’esprit du temps dans lequel les images ont été créées.

Knud Knudsen, facteur traversant la vasière, transporte le courrier de l’île de Pellworm à Hallig Süderoog en 2017. © Hans-Jürgen Burkard

Leuchtturm

Ich geh‘ mit dir wohin du willst
Auch bis ans Ende dieser Welt
Am Meer, am Strand, wo Sonne scheint
Will ich mit dir alleine sein (…)

Nena Kerner

Phare

J’irai avec toi où tu voudras
Jusqu’au bout du monde
Au bord de la mer, sur la plage, là où le soleil brille
Je veux être seule avec toi

Les paroles de la chanson Leuchtturm (phare) de la chanteuse Nena avec toute la symbolique du phare qui rassure dans les tempêtes et guide dans les tourmentes les plus folles. C’est dans cette lumière impressionnante que se raffermit la confiance de l’homme en marche. Ces paroles de Nena accompagnent un solitaire, un randonneur qui avance l’air concentré. Il n’est vêtu que d’un short et porte un sac à dos, la boue éclaboussant sous ses pieds nus. À l’horizon, on peut voir le Hallig Süderoog. Ce solitaire sur la photo, c’est Knud Knudsen, l’unique facteur de la mer des Wadden en Allemagne, pendant sa marche hebdomadaire de sept kilomètres de Pellworm au Hallig – un rare moment qui a été capturé en 2017.

Des jeunes punks lors d’une fête d’anniversaire devant le monument Karl Marx « Nischel » en 2014 à Chemnitz, © Hans-Jürgen Burkard

Hinterland

Wo jeder Tag aus Warten besteht
Und die Zeit scheinbar nie vergeht (vergeht, vergeht)
In diesem Hinterland. Verdammtes Hinterland
Wo Gedanken im Wind verwehen
Und die Zeit scheinbar nie vergeht (vergeht, vergeht)
Geliebtes Hinterland. Willkommen im Hinterland (…)

Casper

Arrière-pays

Où chaque jour consiste à attendre
Et le temps ne semble jamais passer (passe, passe)
Dans ce trou perdu. Maudit arrière-pays
Où les pensées soufflent dans le vent
Et le temps ne semble jamais passer (passe, passe)
L’arrière-pays bien-aimé. Bienvenue dans l’arrière-pays

Son expérience dans les pays de l’Est se reflète dans la photo prise à Chemnitz dans l’ex-RDA. Le grand monument Karl Marx « trône » au-dessus de la fête d’anniversaire en 2014 d’un groupe de jeunes punks célébrant peut-être sous les paroles de la chanson de Casper Hinterland (Arrière-pays); au premier plan, un Mickey Mouse souriant, l’un des symboles du capitalisme américain, en forme de ballon salue le spectateur : l’angle de vue particulier, les détails, son don de capter les moments historiques ainsi que la proximité de ses motifs caractérisent toutes les photographies de Burkard, qui semblent spontanées. Des témoignages indiscutables de la réalité allemande.

Krieger des Lichts

Sei wie der Fluss der eisern ins Meer fließt
Der sich nicht abbringen lässt egal wie schwer‘s ist
Selbst den größten Stein fürchtet er nicht
Auch wenn es Jahre dauert bis er ihn bricht

Und wenn dein Wille schläft dann weck ihn wieder
Denn in jedem von uns steckt dieser Krieger
Dessen Mut ist wie ein Schwert
Doch die größte Waffe ist sein Herz

Casimir et Jacob manifestant pour « Friday for Future » le 20 septembre 2019 à Hambourg, © Hans-Jürgen Burkard

Silbermond

Guerriers de la lumière

Sois comme le fleuve qui vigoureusement coule dans la mer
Qui ne bougera pas, même si c’est difficile
Même la plus grosse pierre ne lui fait pas peur
Même s’il lui faut des années pour la briser
Et quand ta volonté est endormie, réveille-la
Car en chacun de nous, il y a un guerrier
Dont le courage est comme une épée
Mais la plus grande arme est son cœur

La chanson Krieger des Lichts (Guerriers de la lumière) de Silbermond illustre le courage des enfants de l’Allemagne d’aujourd’hui, qui se font du souci pour leur avenir. Sur la photo, Burkard a capturé deux enfants, Casimir et Jacob, faisant l’école buissonnière. Ils manifestent pour Fridays For Future le 20 septembre 2019 à Hambourg pour la sauvegarde de la planète. Un conflit intergénérationnel qui se manifeste par des cris « des guerriers de la lumière » scandés pendant la manifestation «Nous sommes ici, nous sommes bruyants, parce que vous volez notre avenir !» Les jeunes militants, voire très jeunes, accusent les générations plus âgées d’avoir pollué l’environnement de par leur comportement et surtout d’avoir manqué l’occasion de réagir à temps à la crise climatique. Selon eux, elles doivent enfin agir. Les hommes politiques aussi. Maintenant ! 

Hans-Jürgen Burkard, Silke Müller, Peter-Matthias Gaede, An Tagen wie diesen, Edition Lammerhuber, Vienne, 2020 ; format : 24 x 30 cm, 224 pages, 111 photos

Le photographe Hans-Jürgen Burkard


© Martina Rüter

Hans-Jürgen Burkard, né en 1952, est un des meilleurs photographes professionnels allemands. À la fin des années 1970, il a tout d’abord travaillé exclusivement pour le magazine Geo. Installé à Moscou en tant que correspondant-photographe à partir de 1989, il a pris des photos pendant plusieurs années pour le magazine Stern.

Nombre de ses reportages photo primés ont été réalisés dans l’ex-Union soviétique, où il a été témoin de l’effondrement de l’URSS qu’il a immortalisé dans ses photos. Burkard est plusieurs fois lauréat du World Press Photo, lauréat du Picture of the Year Award et lauréat allemand du Infinity Award for Journalism du Centre international de la photographie.

Hans-Jürgen Burkard sur Internet

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3 Kommentare/Commentaires

  1. Die Vorgehensweise des Fotografen hat mich in ihren Bann geschlagen! In Deutschland auf Fotosafari zu gehen, geduldig, aber dennoch zielstrebig auf der Suche nach Motiven, die Lieder quasi in Szene zu setzen oder zumindest wichtige Aspekte davon in Bildern festzuhalten, ist für mich eine beeindruckende Verbindung von Musik und Fotografie.

  2. Les photos sont excellentes et vraiment originales. Le texte qui les accompagne, également. Une judicieuse idée de traduire des extraits en français.

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